MOTU, le film de Gary Goddard

Publié le par Prince Of Eternia Team



Bon, alors tout le monde se souvient de ça  :


affiche.jpgLa première adaptation des Maîtres de l'Univers sur grand écran par Gary Goddard en 1987.
Musclor avait déjà connu son heure de gloire en se voyant attribuer son propre dessin-animé, qui n'était lui-même qu'un prétexte pour vendre toute une ligne de jouets crée par Mattel. Le succès a été tel qu'à la même époque, la compagnie décida de vendre les droits pour projeter son héros tant apprécié sur le Grand Ecran.
Ce film, fait pour les fans, ne pouvait être compris et apprécié que par eux, en tout cas c'est ce qui ressort de la plupart des critiques du public.
D'aucuns le considéreront comme un nanar à l'ambiance cheap... Moi je préfère y voir une réalisation courageuse et somme toute honorable quand on considère les moyens techniques et visuels de l'époque (c'était tout de même il y a 20 ans de cela ! le cinéma n'était pas encore tel que nous le connaissons aujourd'hui). En outre, le casting pour les rôles principaux est parfait : Dolph Lundgren, avec ses muscles d'acier et sa crinière blonde, est parfaitement crédible dans la peau de Musclor. Quant à Frank Langella, il interprète avec brio son personnage, en campant un Skeletor des plus sinistres. 

Le film s'ouvre sur une scène prégénérique qui montre d'entrée de jeu le Château de Grayskull (rebaptisé Crâne Gris dans la version française, traduction littérale de l'homophonie Grayskull/grey skull, ce qui a été fortement décrié par la communauté des fans. Pour ma part, si de toute évidence j'aurais préféré que l'on conserve le nom original, cela ne m'a jamais gêné outre mesure et Crâne Gris sonne bien mieux à mes oreilles de fan que Château des Ombres, nom donné à Grayskull dans la version française du dessin-animé des années 80 qui, pour le coup, apparaît excessivement décalé par rapport à son équivalent anglais). Le Château, dans un nouveau design beaucoup plus futuriste (ce qui, une fois encore, ne fut pas sans déplaire à bon nombre de fans), a au moins le mérite d'être présenté par un matte painting somptueux et éblouissant de réalisme, tant ses couleurs sombres et cosmiques sont parfaitement appropriées à l'univers de Musclor. Au fur et à mesure que la caméra fait un zoom sur le Château, on voit se détacher, dans l'oeil droit du crâne de pierre, la silhouette de la Sorcière (traduction littérale, une fois de plus, de The Sorceress ; que je trouve toujours préférable à sa dénomination d'Enchanteresse dans la version française du dessin-animé).

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500-bis.png500.pngEnsuite arrive le générique qui, il faut bien le dire, ressemble beaucoup à celui de Superman, aussi bien musicalement que visuellement. Cela est sans doute dû au fait que la tétralogie de Superman avec Christopher Reeves s'est achevée la même année que la réalisation des Maîtres de l'Univers et Gary Goddard cherchait à inscrire son oeuvre dans la mouvance des films de Super-Héros de l'époque. Néanmoins, malgré l'apparente similitude avec celui de Superman, le générique des Maîtres de l'Univers colle parfaitement au genre cinématographique et se révèle bien à la hauteur du projet.


Mais c'est surtout la scène post-générique qui a ébloui les fans, même les plus sceptiques.

masters-of-universe1.jpgLa scène s'ouvre sur des terres désolées, mises à feu et à sang par les troupes de choc de Skeletor, lequel sort vainqueur du conflit l'opposant aux Eterniens. Il s'agit une fois de plus d'un matte painting très réaliste, sur lequel on peut apercevoir en arrière plan le Château de Grayskull s'élevant au milieu d'un champ de ruines. Bien plus impressionnante encore est l'entrée en scène de Skeletor (Frank Langella) l'instant d'après. On le voit marcher à vive allure dans la Salle du Trône de Grayskull, martelant de son sceptre maléfique le marbre à chacun de ses pas, dans un écho glacial et retentissant prêt à vous pétrifier sur place ! On ne voit le visage de Skeletor que lorsqu'Evil-Lyn s'écrie : "Après toutes ces années d'effort, Crâne Gris est enfin à nous !", et Skeletor de rétorquer immédiatement dans un accès de fureur : "Non! à moi !". Bref! un moment à voir absolument car il s'agit sans conteste d'une présentation parmi les plus dignes du personnage.

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On découvre également dans cette scène les personnages d'Evil-Lyn (Meg Foster) et de la Sorcière (Christina Pickles). Certains reprocheront aux responsables des costumes d'avoir ceint le front de la Sorcière d'une coiffe ressemblant étrangement à celle d'Evil-Lyn dans le dessin-animé, mais le résultat est au final plutôt réussi pour les deux personnages et l'on oublie vite ce petit détail pour s'émerveiller devant la performance de Meg Foster, parfaitement à l'aise dans son rôle de prêtresse du mal.

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Et puis arrive Musclor ! Le moment que tout le monde attend avec impatience... 
De nouveau, la mise en scène est plutôt réussie, toutefois est-elle moins remarquable que celle de Skeletor. La première image présente Musclor de dos sur un talus, alors qu'il écoute le message holographique que son ennemi juré adresse au peuple d'Eternia. On le voit ensuite livrer bataille contre les soldats de Skeletor qu'il prend en embuscade. On peut regretter que la bataille n'ait pas été plus longue et mieux filmée. Mais cela est sans importance car l'instant d'après surviennent le Maître d'Armes (Jon Cypher) et Teela (Chelsea Field), venus à la rescousse de Musclor. Un mot sur leur performance d'acteurs : je trouve, personnellement Jon Cypher excellent dans le rôle du Maître d'Armes, à la fois juste et précis dans son interprétation. Quant à Chelsea, elle a manqué de crédibilité auprès des fans sans doute du fait de son costume qui ne ressemble en rien à celui du dessin animé. Je dois avouer que j'ai moi-même été surpris par son apparence, jusqu'au moment où je compris qu'il ne pouvait pas en être autrement si l'on désirait s'en tenir à l'esthétique particulière du film. Au final, le caractère bien trempé de Teela est dans l'ensemble correctement respecté, ce qui se révèle bien plus important à mes yeux.

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Après cette scène, le public fait la connaissance avec la créature la plus controversée du film : Gwildor.
Il s'agit d'un nabot à la barbe rousse et aux oreilles interminables appartenant à un peuple connu sous le nom de Ténuriens. Ce personnage fictif, totalement nouveau et inconnu des fans, est en réalité un pis-aller pour pallier l'incapacité du département technique à recréer à l'écran le personnage charismatique d'Orko, les moyens de l'époque ne le permettant tout simplement pas. S'il partage avec lui la petitesse, la voix aiguë et la douceur du coeur, Gwildor est cependant très différent d'Orko : il se dit volontiers forgeron et inventeur, partageant en cela davantage de points communs avec le Maître d'Armes qu'avec Orko qui, lui, est un magicien. L'accueil des fans fut mitigé tant la déception fut grande de ne pas voir Orko voltiger autour de nos héros. Néanmoins, à mesure que le film va de l'avant, Gwildor se révèle, à notre plus grande surprise, un personnage tout aussi attachant que celui d'Orko. Qui n'a pas été impressionné par la porte aux multiples serrures gardant jalousement son "terrier" ? Qui n'a pas frémi de curiosité à la vue des engins éparpillés dans toute la pièce et qui semble laisser sceptique à son tour le Maître d'Armes ? 
Cependant, la surprise n'est pas là : elle vient d'un objet insolite, une merveille de technologie, la plus remarquable invention que Gwildor ait jamais réalisée : j'ai nommé, la Clé Cosmique !

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Il sagit d'un objet métallique de taille moyenne qui, lorsqu'il est activé, permet d'ouvrir une porte dimensionnelle sur n'importe quelle destination !
masters-of-universe4.jpgCe qui explique pourquoi les trois quarts du film restants se passent sur la planète Terre et non sur Eternia. S'il y a d'évidentes raisons budgétaires derrière ce choix, qu'on pourra toujours critiquer, l'idée se défend plutôt bien et l'on se prend finalement au jeu, lorsque l'on fait la rencontre de Julie (Courteney Cox) et Kevin (Robert Duncan McNeill), deux jeunes terriens qui vont se retrouver malgré eux impliqués dans les aventures de nos amis venus d'un autre monde.
Certes, l'idée n'est  pas vraiment audacieuse mais on peu reconnaître, pour sa défense, qu'il s'agit là d'un stratagème plutôt efficace pour approfondir notre vision des personnages, lesquels se font d'autant plus proches de nous qu'ils se trouvent projettés par inadvertance sur notre planète. Puis, pour peu qu'on accueille sans préjugés cette rencontre surprenante entre la fiction et la réalité, on découvre chez nos héros des sentiments tout aussi humains et l'attachement qu'on éprouvait à leur égard laisse bientôt place à de l'affection.
  
 Et pour les mordus d'Eternia, ils seront vite calmés par l'arrivée des forces du mal, l'engeance de Skeletor, à travers quatre personnages très charismatiques : Blade, l'assassin-épéiste ; Saurod, le reptile-cyborg ; L'homme-animal (traduction littérale de Beastman qui, cette fois, est davantage critiquable à mes yeux) et Karg, le leader à la crinière platine et au crochet en guise de main.
Une partie des fans regrette pourtant qu'il y ait eu si peu de personnages issus de la série animée, une autre  partie tolère tout juste l'irruption de personnages exclusivement créés pour le film dans les rangs de Skeletor, quant aux autres, ils sont partagés entre les conciliants et les indifférents. Pour ma part, si j'aurais évidemment été enchanté de voir circuler dans les couloirs de Grayskull un Dentos ou un Tri-klops, je reconnais aux sbires présentés dans le film un certain charme. Dommage que Saurod ait été "retiré" aussi vite de l'histoire ! Le département maquillage avait tout simplement accompli un travail exceptionnel avec ce personnage.

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   Ajoutons à tout cela une bande son remarquable, avec des musiques très identifiables et souvent mélodiques, des scènes de batailles simples mais bien conçues, des décors peut-être modestes mais qui ont le mérite de respecter la couleur graphique de l'univers de Musclor, avec ses éclairages en clair-obscur et ses ambiances brumeuses, enfin une touche d'humour avec James Tolkan dans le rôle du flic désabusé Lubic, sans oublier le très controversé mais néanmoins charismatique Gwildor, et vous obtenez au final un film sans grande prétention, qui a cependant su se maintenir à la hauteur de nos espérances, avec des moyens nettement moins perfectionnés que ceux dont bénéficie le septième art de nos jours.
   Bien sûr, les plus difficiles à convaincre pourront toujours arguer que, l'excellence n'étant jamais atteinte, on aurait pu faire mieux. Mais gageons, pour conclure, que le film n'aurait sans doute jamais vu le jour si un dénommé Gary Goddard, au mépris de toutes les huées, n'avait eu l'audace de faire ce que personne d'autre n'osa faire à l'époque : adapter au cinéma l'univers aussi riche que ardu à réaliser, de Musclor.

                                                             Alors Gary, je te le dis, sans détour ni faux-semblant,
                                                                                     Tu as le pouvoir ! 

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Kiba 12/06/2007 19:58

Pas mal t'as petite critique de film, tu m'as donné envie de le revoir, même si personnellement j'ai été énormement déçu par cette adaptation. Je ne retrouve pas l'univers que j'aimais, les mêmes personnages avec leurs styles, le même univers, mais bon c'est un film de science fiction classique fin des années 80 début 90, sans pretention, qui se regarde, qui fait sourire si on est fan de cette univers, mais qu'on oublie vite finallement. Si un nouveau il doit y avoir, il faut cette fois ci mettre le paquet et surtout, surtout respecter l'univers, au maximum, pour redonner une fois de plus, vie aux Maîtres de l'univers.

Prince Of Eternia Team 12/06/2007 20:13

Attends de voir mon prochaine article, il sera consacré au nouveau film et au casting que j'idéalise, lequel s'est étoffé depuis la dernière fois ! Et si je t'ai donné envie de voir le film de Goddard à nouveau, c'est plutôt une bonne chose. Maintenant qu'on sait qu'un prochain film est en projet, et que les fans en auront vraiment pour leur passion, j'espère que tu porteras un regard plus indulgent quant à ce film qui fut tout de même le seul et l'unique pour l'heure, qui nous permit de réaliser ce vieux rêve : voir Les Maîtres de l'Univers sur Grand Ecran !Vanylis